Guy Drut : « Le plaisir est la première victoire du sportif »

Guy Drut : Dédicace
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Juin, 30 2026

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Résumé Article La Provence – Mardi 30 juin 2026, par Jacqueline Anziani-Tremelo : Ce matin-là, une vingtaine de passionnés de sport — parmi lesquels de nombreux anciens élèves de Gérard Neret — étaient déjà là, bien avant que la rencontre ne commence. Ils attendaient Guy Drut.

Champion olympique du 110 mètres haies à Montréal en 1976, ancien ministre des Sports de novembre 1995 à mai 1997, Guy Drut est une figure qui dépasse largement le cadre de l’athlétisme. C’est à l’invitation de Gérard Neret, ancien professeur d’éducation physique à Sainte-Tulle et lui-même ancien athlète de haut niveau, qu’il est venu rencontrer ses lecteurs autour de son dernier ouvrage : Champions inoubliables, coécrit avec les journalistes Patrick Mahé et Dominique Grimaud. Au total, 268 exemplaires du livre ont été commandés pour l’occasion — plus qu’une autobiographie, un voyage à travers les grandes émotions du sport, illustré d’images devenues mythiques et commentées par des personnalités issues d’univers très différents. « Ce n’est pas un besoin d’écrire. C’est un besoin de partager des émotions », confie-t-il simplement. Et ça, ça s’entend dans chaque mot qu’il prononce.

Dès les premières minutes de l’échange, le ton est donné. Guy Drut ne cherche jamais à mettre son parcours en avant. Il parle davantage de ce que le sport lui a appris que de ce qu’il lui a permis de gagner. « Les valeurs que je souhaite transmettre sont le partage, l’humilité et surtout la joie. J’ai toujours pensé que seul l’effort joyeux est fécond. » Une philosophie qui se retrouve dans cette phrase, aussi belle que marquante, qu’il lance avec le sourire : « Même quand je perdais, je gagnais une expérience. » Pour lui, victoire et défaite participent du même apprentissage — « Une victoire ou une défaite change votre vie, mais elle ne change pas la face du monde. »

Ce rapport apaisé à la compétition, Guy Drut l’a construit dans la durée. Lorsqu’on lui demande ce que le sport lui a apporté, il ne parle pas d’abord de ses titres : « Je ne suis toujours comparé à moi-même avant de me comparer aux autres. C’est en progressant par rapport à moi que je suis devenu meilleur que les autres. » Une façon de relativiser les grands rendez-vous et de transformer la pression en énergie positive — une sagesse qui aurait pu sembler théorique, mais qui sonne ici comme une évidence vécue, incarnée.

En revenant sur sa médaille d’or olympique, il aborde naturellement la question du mental : « La finale, c’était important. C’est la meilleure course que j’ai faite cette année-là, ce jour-là, à cette heure-là. » Une phrase qui dit tout de l’exigence du très haut niveau, où le mental fait souvent la différence entre ceux qui montent sur le podium et les autres.

Son regard se porte aussi sur le sport d’aujourd’hui. Il se réjouit de voir davantage de Français pratiquer une activité physique, tout en regrettant que le sport ne soit pas encore pleinement reconnu comme un véritable outil d’éducation et d’épanouissement. À la question de quel message il souhaiterait transmettre aux jeunes générations, sa réponse est immédiate et désarmante : « Faites vous plaisir. Personne ne vous oblige à faire du sport. Si cela devient une contrainte, ce n’est plus la bonne raison« .

Une matinée rare, intime, portée par un homme qui a tout gagné — et qui parle surtout de ce qu’il a appris. Le Centre Regain était fier de l’accueillir.