Un camp sportif pour la citoyenneté au Centre Regain de Sainte-Tulle – La Provence, Mai 2026
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mai 06, 2026
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Résumé Article La Provence – Mercredi 6 mai 2026, par Jacqueline Anziani-Tremelo : Des cris d’encouragement, des éclats de rire, des ballons qui fusent dans tous les sens. Fin avril, le Centre Regain s’est transformé en quelque chose d’un peu difficile à décrire — pas tout à fait une école, pas tout à fait un terrain de sport, quelque chose entre les deux. Un endroit où 166 élèves de CM1 et CM2, venus de cinq départements différents de la région, ont appris à vivre ensemble. Vraiment ensemble.
Organisé par l’USEP — l’Union Sportive de l’Enseignement du Premier Degré — ce camp régional a rassemblé près de 210 personnes au total : enfants, enseignants, encadrants et parents accompagnateurs. Six départements étaient invités ; cinq ont pu être représentés — le Vaucluse, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, le Var et les Hautes-Alpes. Les Alpes-de-Haute-Provence, faute de délégué départemental, n’ont pas pu organiser la participation de leurs classes. Un absent qu’on espère voir combler lors d’une prochaine édition.
Le choix de Sainte-Tulle, comme le rappelle Laurent Minel, président du comité régional de l’USEP Provence-Alpes-Côte d’Azur, n’est pas le fruit du hasard : la position centrale du site en fait un point de ralliement naturel pour accueillir des classes venues de toute la région. Et pour ces enfants, beaucoup d’entre eux ne s’étaient jamais rencontrés avant de poser leurs sacs ici.
Le principe de ce camp repose sur quelque chose de simple et d’essentiel à la fois : l’engagement volontaire des enseignants, qui construisent avec leurs classes un vrai projet de découverte sportive. Chaque classe prépare sa participation, contribue à l’organisation, participe au financement des déplacements. Comme le souligne Élisabeth Renaud, présidente de l’USEP des Bouches-du-Rhône : l’objectif est de développer la citoyenneté à travers le sport, et de rendre les enfants acteurs de leur propre pratique. Pas spectateurs. Acteurs.
Pendant trois jours, les élèves ont enchaîné seize ateliers sportifs, changeant d’activité toutes les vingt minutes pour découvrir l’ensemble des disciplines proposées. Les groupes étaient volontairement mélangés — jamais deux élèves d’une même classe ensemble à un atelier — pour créer de la mixité, provoquer les rencontres, obliger doucement les enfants à s’ouvrir à l’autre. Parmi les activités proposées, le Kin-Ball a particulièrement marqué les esprits : ce sport collectif avec un ballon géant, qui mise tout sur la coordination, la communication et la participation de tous, collait parfaitement à l’esprit du séjour.
Le thème du camp — « Les minots revivent leurs jeux » — faisait écho aux Jeux Olympiques de Paris 2024 et anticipait ceux d’hiver attendus dans les Alpes en 2030. Une façon de connecter ces enfants à quelque chose de plus grand qu’eux, tout en leur rappelant que le sport commence ici, maintenant, avec les gens d’à côté.
Les soirées, consacrées au « congrès des enfants », étaient des moments d’échange autour de thèmes qui comptent vraiment : le respect, la mixité, l’environnement, les comportements du quotidien. Et chaque classe est repartie avec un blason, une banderole, une photo — et surtout, avec des souvenirs et des liens qu’aucun programme scolaire n’aurait pu fabriquer.
Laurent Minel le dit avec un sourire : « C’est un peu l’école des fans — tout le monde gagne, tout le monde perd. » Pour beaucoup de ces enfants, cette parenthèse collective marquera durablement leur parcours. On le croit volontiers.